
Jean-Paul Kapongo Kadiobo, directeur général de la SAEMAPE, et Bandi Mbubi, directeur exécutif de l’Alliance du Cobalt Équitable, signent le protocole d’accord lors de la Semaine minière de la RDC 2026 à Lubumbashi.
L’Alliance du Cobalt Équitable a eu le plaisir de signer un protocole d’accord avec la SAEMAPE, l’agence gouvernementale de la RDC chargée d’accompagner et de superviser l’exploitation minière artisanale et à petite échelle, lors de la Semaine minière de la RDC 2026 à Lubumbashi. Ce protocole d’accord a été signé par Jean-Paul Kapongo Kadiobo, directeur général de la SAEMAPE, et notre directeur exécutif, Bandi Mbubi.
Cet accord, d’une durée de cinq ans, officialise une collaboration qui ne cesse de se renforcer depuis que l’ACE a commencé à intervenir en RDC en 2020. Il engage les deux parties à œuvrer ensemble à la formalisation et à la professionnalisation du secteur artisanal du cobalt dans les provinces de Lualaba et du Haut-Katanga.
Dans le cadre de ce protocole d’accord, la SAEMAPE associera l’ACE à la formation et à la supervision des mineurs artisanaux regroupés en coopératives, facilitera notre accès aux sites miniers placés sous sa supervision et collaborera avec nous en matière de gestion des incidents, de collecte de données et de plaidoyer en faveur de Zones d’Exploitation Artisanale (ZEAs) viables. De notre côté, l’ACE apportera son soutien à la SAEMAPE en fournissant une assistance technique et financière aux coopératives : fourniture d’équipements de protection individuelle, amélioration des conditions de santé et de sécurité, soutien à la diversification des revenus au sein des communautés minières, et aide aux coopératives pour accéder à des financements destinés à des projets visant à améliorer les conditions de travail. Les deux parties se réuniront tous les six mois pour faire le point sur les progrès réalisés.
Collaborer avec les pouvoirs publics en matière de régularisation
Ce protocole d’accord intervient à un moment crucial pour la réforme de l’EMAPE en RDC. Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a placé la régularisation de l’EMAPE au cœur de sa réforme du secteur. En juin, il a reçu à Kinshasa les représentants élus des coopératives minières, en présence de la commission chargée de préparer l’affectation des coopératives aux ZEA nouvellement créées et du comité supervisant le nouveau régime d’assurance « Protection Groupe » destiné aux mineurs artisanaux. Ce sont précisément le genre de mesures que l’ACE préconise depuis longtemps : des espaces légaux où les mineurs artisanaux peuvent travailler, des coopératives organisées et une protection sociale pour les personnes qui exercent ce métier.
Notre nouvel accord avec la SAEMAPE nous permet de soutenir directement ce programme. À mesure que les coopératives seront affectées aux nouvelles ZEA, nous avons pour objectif de travailler aux côtés de la SAEMAPE afin de les aider à respecter les normes fixées par le gouvernement et de veiller à ce que la formalisation apporte de réelles améliorations aux mineurs et à leurs communautés.
Une avancée bienvenue en matière de démilitarisation
Nous saluons également l’engagement constant du président Félix Tshisekedi en faveur de l’assainissement du secteur. Le 10 juillet 2026, à l’issue du Conseil des ministres, le président a ordonné le retrait immédiat des soldats et des policiers déployés illégalement sur les sites miniers à travers le pays. La présence illégale d’hommes armés sur les sites miniers nuit à la traçabilité, alimente la fraude et l’extorsion, et met en danger les mineurs et les communautés. Son élimination est une condition préalable à la mise en place d’un secteur responsable et transparent, que le gouvernement et ses partenaires s’efforcent de construire.
Ce que cela implique pour notre mission
L’exploitation minière artisanale assure la subsistance de centaines de milliers de personnes dans les provinces productrices de cobalt de la RDC. Considérée comme un problème à éliminer, elle reste informelle, dangereuse et sujette aux abus. Considérée comme faisant partie de la solution, elle peut offrir des emplois décents et des revenus stables aux communautés minières. C’est là tout l’enjeu de ce protocole d’accord : le gouvernement et la société civile travaillent ensemble, site par site et coopérative par coopérative, pour rendre l’exploitation artisanale du cobalt plus sûre, plus équitable et exempte de travail des enfants.